A vos plumes !Forum littéraire, qu'on se le dise !
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frehelle Plume de Phoenix

Joined: 06 Jun 2007 Posts: 1,306
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Posted: 28/01/2008 15:10:13 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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Nous y voilà. Depuis qu’on en entend parler, depuis qu’on l’attend (enfin en tout cas, je), « Aria des brumes » est arrivé en librairie, puis dans mes mains, puis sous mes yeux. Et ce qui devait arriver arriva : je l’ai lu ET terminé.
Je m’en va donc vous en causer 2 minutes, sous le regard (bienveillant, hein, hein ?) de notre vénérable admin et néanmoins camarade auteur (à moins que ça ne soit l’inverse).
Petit préambule (oui, parce que ce qui précède, ce n’est pas un préambule, juste une intro, je vous ferai dire). A la base, la SF et moi, on n’est pas plus copines que ça. On n’est jamais allé au bal ensemble, genre. Ce qui fait que quand Don Lo a commencé à nous causer d’Aria, j’étais vraiment super contente pour lui qu’il ait trouvé un éditeur, prête à lui souhaiter le meilleur du meilleur, mais pas forcément des masses attirée par la lecture de son bouquin. Et oui, le monde est cruel, parfois… Alors le gars, il a bien fait, finalement, de nous raconter l’histoire de son roman dans son blog, parce que c’est ça qui a fini par me convaincre. D’abord, c’était chouette de suivre le « pas à pas ». Ensuite, ce qu’il lâchait par ci par là du contenu me rebutait moins que l’idée que je m’en étais faite à priori (et à partir de quoi, hein, je sais même pas…). Enfin, à force d’avoir remonté le courant de la naissance d’Aria, il devenait difficile de ne pas aller au bout de la démarche, à savoir lire le bouquin. Et faire ainsi les liens entre tout ce que Don Lo en avait raconté, et le bouquin en vrai.
Bref, depuis mi-décembre, j’attendais Aria avec impatience. Tout en ne sachant pas si j’adhérerai au genre, puisque c’est pas trop mon trip à priori (oui, je sais, les à priori c’est fait pour être dépassé).
J’ai donc été toute contente, le samedi 19 janvier, de le récupérer chez ma libraire, et de plonger dedans le soir même. Et rien que ça, le bonheur gourmand de plonger dans un livre qu’on a attendu, c’est le pied… Mais je m’égare, ce n’est pas le sujet du jour.
Carl est un étrange soldat. Fabriqué pour le combat, il a subi de multiples implants, des greffes diverses, des injections par ci, des manipulations génétiques par là, le tout recouvert d’un entraînement qui aurait fait clamser Rambo en 2 secondes et demie. Quand il débarque sur Aria, planète colonie qu’il croit devoir sauver d’un joug non-identifié, il n’a pas grand-chose d’un homme, et ne se pose pas ce genre de question. Programmé pour agir avec 4 de ses collègues, à tenir sa place dans ce groupe surentraîné et suréquipé à qui rien ne doit pouvoir résister, il fait-tout-bien-comme-il doit. Jusqu’au moment où son référentiel vole en éclat sous ses yeux, ses 4 compagnons mourant en quelques minutes, devant lui, et d’une manière non répertoriée dans les circuits de Carl.
Ainsi, Carl va découvrir Aria, sur laquelle il n’aurait dû faire qu’une mission éclair. Découvrir aussi ses habitants, alors qu’ils étaient à la base le cadet de ses soucis. Découvrir que rien n’est aussi réglé, rien n’est aussi simple, que ce qu’on lui a implanté en mémoire. Pas sûr que la grande et bonne Alliance protectrice, commanditaire de la mission de Carl, soit aussi transparente que prévu. Et pas sûr que Carl, dans les rouages de la dite-alliance, soit autre chose qu’un pion dont on se fiche pas mal.
Sur Aria, les hommes sont investis par des furets, entités immatérielles qui se nourrissent de leurs émotions, et les leur renvoient de façon intolérable et douloureuse quand il s’agit d’émotions négatives. Ainsi, guidés par leurs furets, qu’ils apprennent à « intégrer » à leur vie, les Arians sont plutôt non-violents. Une première découverte, de taille, pour Carl. En suivront d’autres, puisque quand on met le doigt dans l’engrenage de l’humanité, rien n’est noir et rien n’est blanc. Intégré malgré lui à la « compagnie des brumes », une sous-société d’Aria, peu connue et mal comprise des autres habitants, Carl va petit à petit comprendre, et accepter, ce que ça implique d’être un homme. Faire des choix en ce sens, même si certains Arians n’ont aucune confiance dans les capacités d’évolution de cette machine à tuer.
Gavé de manichéisme, Carl va apprendre les nuances. Et reconquérir pleinement ce qu’il n’avait jamais été question, à la base, qu’il puisse même vaguement découvrir : son humanité.
Disons-le d’emblée : « Aria des brumes » est une jolie histoire. Ce qui n’a dans ma bouche rien de péjoratif, j’aime ce qui est joli. Je n’ai pas dit « gentillet ». Je ne suis pas sûre que ça soit une histoire universelle, un truc incontournable, ou je ne sais quoi dans ce genre là. Et là encore, c’est plutôt un compliment, chez moi. C’est une épopée à échelle humaine. A mon échelle à moi, en quelque sorte. Pas un truc qui s’impose avec ses gros sabots, mais une mélodie qui, si on le souhaite, vous murmure ses notes dans le creux de l’oreille. Carl est un automax perdu sur une planète imaginaire. Il pourrait être beaucoup d’autres choses, beaucoup d’autres personnes, et les résonnances de son chemin n’en seraient que très peu modifiées. Alors oui, il est permis – ou pas – d’y projeter un peu de ce qu’est l’humanité en général, ou de ce qu’on aimerait qu’elle soit. Le chemin est beau sans être simpliste, il est optimiste, débouche sur une fin ouverte qui permet tous les possibles… C’est le genre de chose qui me va !
Maintenant qu’on a parlé du fond, parlons de la forme. On savait déjà, par ici, que Don Lo avait un vrai style. Je ne vais pas vous apprendre grand-chose. Disons pour résumer « efficace et enlevé ». Pas sûr que ça veuille dire grand-chose mais je me comprends ! Ce qui est sympatoche dans « Aria », c’est qu’on découvre qu’en plus d’avoir un vrai style, cet abruti de Don Lo (nooooon, ch’u pas jalouse, pensez-vous) est assez doué pour le moduler en fonction des phases de l’action.
Lorsque Carl est encore « mécanique », le style est plutôt sec. Et au fur et à mesure que le machine de guerre reconquiert ses molécules d’être humain, le style se délie, les pointes d’humour et de poésie (ahhhh, l'agora, quelle belle idée...) apparaissent, la façon de parler du personnage évolue… Franchement, c’est bien vu.
Allez, j’arrête de faire de la lèche, et je vous avoue que j’ai un regret, malgré tout. Sisi, un. Un petit, et un seul, mais si je suis objective, je le dis : j’ai trouvé qu’il y avait à certains moments des décrochages étonnants de « rythme » dans l’évolution de Carl. Il lui faut du temps, et on le comprend, pour choisir. Pour décider d’accepter de redevenir un homme. Ensuite, tout va beaucoup plus vite. Et pour moi, à certains moments, un peu trop, j’avoue. Comme si ça devenait à un moment un peu trop « facile ».
Bref. Un petit regret, ai-je dit. Et qui n’a en rien gâché ma lecture.
Et pis j’arrête de causer, ce que c’est long, cette critique, purée…
Lisez-le, ça c’est une vraie bonne idée. Et pis ça vaut le coup. Vala. Ah si, tiens, au fait, aussi : Don, je lirai le prochain. Sûr. _________________ "J'ai toujours voulu comprendre, toujours, et l'atroce vérité pour un acharné de l'explication est qu'il n'y a rien à comprendre. Quand on a compris cela et surtout accepté, quel soulagement". B. Giraudeau |
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EmmaBovary Plume de Kookaburra

Joined: 05 Oct 2007 Posts: 601
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Posted: 28/01/2008 17:17:17 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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Comment qu'elle cause bien Fréhelle!  _________________ "... Dessus la maie
Un dernier signe
Au matou
Qui attend..."
Jean-Louis Murat |
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frehelle Plume de Phoenix

Joined: 06 Jun 2007 Posts: 1,306
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Posted: 28/01/2008 20:13:37 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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merci Emma!  _________________ "J'ai toujours voulu comprendre, toujours, et l'atroce vérité pour un acharné de l'explication est qu'il n'y a rien à comprendre. Quand on a compris cela et surtout accepté, quel soulagement". B. Giraudeau |
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Guylou Plume de Simurgh

Joined: 01 Jun 2007 Posts: 2,843
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Posted: 28/01/2008 20:52:38 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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Je l'ai !
Ça a donné ça :
- Comment vous l'avez pas ? Mais vous me l'aviez promis pour la fin de la semaine dernière !
- Je crois qu'on s'est trompé dans la destination de la commande...
- Hein ! Et pourquoi vous ne l'avez pas en stock ?
- On avait regardé quand vous l'avez commandé ?
- Oui ! Mais il est récent... Vous ne l'avez pas reçu ?
- Je regarde... Ah si, je l'ai.
- Chouette !
- Bon, alors j'annule votre commande.
- Ah non, vous n'annulez pas ma commande. Vous la gardez et comme ça, vous le remettez en rayon. Et puis, vous devriez le mettre plus en évidence, parce qu'il est vraiment bien !
Ça va comme ça, Don Lo ? J'ai fait du bon boulot ?  _________________ Avant le jour de sa mort, personne ne sait exactement son courage... Jean Anouilh |
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Don Lo Plume de Kookaburra

Joined: 02 Jun 2007 Posts: 887
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Posted: 28/01/2008 22:48:26 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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Excellent !
Comme agent d'artiste, tu as de l'avenir...
Alors, il est comme tu l'imaginais (format, poids...) ? _________________ Si je ne suis pas là, demandez à Guylou ou Wiliam.
Si je suis là aussi.
(un blog, moi ? Non, quand même pas...) |
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Don Lo Plume de Kookaburra

Joined: 02 Jun 2007 Posts: 887
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Posted: 06/02/2008 15:40:52 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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Justement, un avis sur le côté "physique" d'Aria : une première !
| Dulkera sur Outremonde wrote: | Je viens tout juste de le recevoir
Première impression :
- la photo lui rendait pas justice, la couverture est plus jolie et colorée. Les effets de transparence de l'illustration rendent bien. C'est mat et doux au toucher.
- Le quatrième de couv adopte une maquette assez classique mais la couleur verte rehausse le tout.
- Au niveau du format, je le trouve agréable, plus grand qu'un poche mais moins que la plupart des autres brochés, on le met à l'aise dans un sac à main
- Le papier intérieur est plutôt léger, basique mais bien assez épais pour ne pas voir à travers ou avoir l'impression de feuilleter l'annuaire
- C'est écrit assez gros, c'est agréable, la maquette est sympa avec le côté original des gros numéros gris pour les chapitre, les numéros de page et le nom de l'oeuvre en bandeau sur le bord extérieur.
Un beau bébé Don Lo, tu peux être fier, j'attaque la lecture d'ici quelques temps :super: |
_________________ Si je ne suis pas là, demandez à Guylou ou Wiliam.
Si je suis là aussi.
(un blog, moi ? Non, quand même pas...) |
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Titeplume Plume de Griffon

Joined: 29 Oct 2007 Posts: 2,082
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Posted: 06/02/2008 20:45:16 Post subject: "Aria des brumes" de Don Lorenjy |
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| EmmaBovary wrote: | Comment qu'elle cause bien Fréhelle!  |
Ouais... mais don Lo...réal, c'est parce qu'il le vaut bien ok je  _________________ Il n'est pas possible de dissocier la main qui écrit du cœur qui palpite, ou de la tête qui rêve.
P.N. Kashama, Le Serpent à plumes, no 10, 1994 |
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