Jean Pierre Plume de Benu

Joined: 07 Jun 2007 Posts: 196
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Posted: 05/02/2008 16:35:20 Post subject: Humble hommage à la Corse. |
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Des photos de vacances envoyées par des amis, des chants traditionnels de I Muvrini et de Jean Paul Poletti et de son choeur de Sartène, m'ont inspiré ce poème à l'île d'amour, contrée que je n'ai malheureusement pas la chance de connaître. Mais ça viendra sûrement un jour!...
Ile de Lumière
Que de trésors ignorés dois- tu receler
Terre coutumière, montagne dans la mer!
L’écho assourdi de ton chant mâle et fier
Prend le visiteur pour mieux l’ensorceler.
Pétrie de rocs rouges, soulignée de marine,
Venue du fond des âges, elle se grise de vent,
De parfums de maquis et de soleil ardent.
Toi qui accostes, ouvre grand ta narine...
L’olivier chenu témoin de tant de luttes,
S’habille d’argent que la brise bouscule.
L’appel du berger sonne au crépuscule.
Doux sera le foin tiédi au sol des huttes.
D’humbles pierres gravées par d’anonymes mains
Portent en elles les joies et les peines des temps.
Elles aussi se souviennent des beaux jours du printemps
Et des hommes meurtris par des sorts inhumains.
Le ru sourd du rocher et court vers le ravin,
Sautillant et pressé de tracer son sillon.
La dentelle des monts, au doux chant du grillon,
Mélange son carmin aux nuées lie de vin.
Vers la Vierge dressée des mains des muletiers,
De vieilles femmes noires, tremblotantes,
D’éternelles prières à leurs lèvres marmottantes,
Processionnent sans fin sur les chemins côtiers.
Leurs hommes se taisent, sur de vieux bancs assis.
Ils ont des songes flous et des larmes perlées.
Non loin, des fillettes, dans leur ronde mêlées,
Evoquent des jardins et des lauriers fleuris.
La grève s'alanguit, les vagues s'assoupissent,
Les pins murmurent à la brise océane,
Le soir se fait discret, bientôt le jour se fane,
Les braises du couchant sur l'océan pâlissent.
Ile rude, altière, gardienne de la mer,
Terre buissonnière, courtisée, méprisée,
Pourtant jamais vaincue, asservie ou brisée,
J'entends tes voix monter entre doux et amer.
Des crêtes de Ghisoni aux rochers de Zonza,
Du golfe de Calvi aux Ies Sanguinaires,
Elles ont la même foi depuis des millénaires
Pour chanter haut et fort leur Terra Insula. _________________ Tu es pressé d'écrire, comme si tu étais en retard sur la vie. S'il en est ainsi, fais cortège à tes sources. Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance.
René CHAR |
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