A vos plumes !Forum littéraire, qu'on se le dise !
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Alundra Plume de Calao
Joined: 18 Oct 2007 Posts: 63
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Posted: 11/06/2008 18:20:37 Post subject: Peur, angoisse et cauchemar |
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Il posa un pistolet gris et glacial sur le creux de ma paume en appuyant fortement. La salle était sombre, je ne voyais rien. Son visage se percevait à peine - vraiment, je ne voyais strictement rien ! Quelle atmosphère étrange, macabre, je tremblais de peur et d'inquiétude.
Je distinguais à peine sa face, je discernais juste des yeux noirs et enfoncés, cachés sous des épais sourcils froncés. Ce regard ténébreux se jeta vers le mur opposé, désignant une chose inconnue. Alors, il m'ordonna gravement :
« Tue les, il le faut ! »
Je ne comprenais pas. Tuer qui ? Pourquoi ? Je faisais non de la tête - je ne suis pas un assassin. Il insista, sur un ton encore plus caverneux.
« Fait le, c'est très important ! »
Je frémissais à cause de sa voix, comme enchanté soudainement. Je me sentais mal, étrange. En même temps que j'étais présent dans mon corps, je voyais la scène par un regard extérieur. Je semblais être un témoin à part qui ressentais précisément les émotions de ce personnage apeuré.
Puis tout s'enchaîna : ma main se leva doucement sans que je puisse bouger, possédé. Je dirigeai le canon vers ma cible et appuya directement sur la détente... Bang !
Et l'homme sombra sous un dernier souffle.
« Il ne fallait pas... »
Cette phrase accentua mon mal-être et mon incompréhension. Hébété, une faible lueur s'éveilla au sol, découvrant de l'obscurité trois personnages. Deux d'entres eux se jetèrent sur moi, je brandis mes poings vers leurs crânes. Seulement, il s'envolèrent, légers comme des corps sans vie, droit vers le mur, propageant une grosse giclée de sang par l'impact.
Emballé par ce meurtre, mes pieds se dirigeaient vers la troisième personne pâle et fébrile. Depuis le début de cette scène, la distance entre mon âme et mon corps s'intensifiait au rythme des questions qui fusaient dans mon esprit. Ces interrogations me torturaient, d'autant plus que je ne supportais pas cette possession de moi.
Une fois devant l'être fantomatique, mon visage se creusa contre mon grès afin d'être le plus diabolique possible. Par cet appel, je pointais lentement l'arme à feu sous le cou transpirant de la victime qui, pleurant et s'affolant, me priait de ne pas l'exécuter. Après un bref sourire, la gâchette était pressée.
Directement après le cliquetis du bouton, transporté par une force extérieure brusque, tout mon être se concentra sur la balle, au point où je devenais le projectile.
Sous cette forme, la flamme propulsa mon derrière d'acier et m'élança vers le trou colmaté par la peau moite. Trait assassin et sadique, je transperçai longuement la peau, puis la chair avec un bruit ignoble. Passé le menton, je me retrouvais dans sa bouche remplie d'hémoglobine, cassant au passage quelques dents. Déchiquetant la gencive supérieure, je passais furtivement le conduit nasal, pour déboucher dans la boîte crânienne. Mais dans mon insatiable soif de dégâts, je passais le cerveau rapidement pour lui laisser aucune chance de survie. Finalement, je terminais ma course hors de lui en perforant le haut de sa tête sous une fontaine sanglante et charnelle.
Mais une fois cette scène funèbre terminée, je retournai subitement en moi, cette fois ci bien maître de mes mouvements. Malgré ça, l'image se répéta selon ma vision. Je pressai la détente et tuai le condamné, revoyant le tout par l'extérieur. Je me concentrais alors sur ses émotions. Dès la mise à feu, son regard se vida et, une fois la balle sortie, il succomba en crachant ce liquide rouge sur moi.
J'étais couvert de sang.
Je me réveillais alors, les yeux engourdis, me sentant sal et poussiéreux. Les policiers étaient autours de moi et m'avaient bizuté. Je ne commandais plus rien, je mourrais peu à peu à cause des coups de matraque. Pourtant, avant de disparaître, j'entendais un des agents me dire dans le creux de l'oreille, d'une manière douce et franche :
« Lève toi, ce n'est qu'un rêve et tu dois aller en cours... » _________________ Comment remplir du rien ?
Avec du vide.
"Les artistes sont des héros, les seuls choisis dans les flammes glorieuses de l'éternité." |
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Maneki Neko Plume de Kookaburra

Joined: 21 Nov 2007 Posts: 958
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Posted: 18/06/2008 15:54:00 Post subject: Peur, angoisse et cauchemar |
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Je n'ai pas trop aimé ce texte, ne serait-ce que parceque le titre dévoile tout le suspence dès le départ.Je l'ai aussi trouvé trop opaque.Sinon j'ai bien aimé certaines images. _________________ Qui donc a dit que le dessin est l'écriture de la forme ? La vérité est que l'art doit être l'écriture de la vie.
[Edouard Manet] |
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