Guylou Plume de Simurgh

Joined: 01 Jun 2007 Posts: 2,843
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Posted: 28/08/2007 07:17:25 Post subject: Jeu n°20c |
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Eux deux
C’est un soir d’été, languissant et bavard.
Le crayon t’est tombé des doigts, repoussé par le poil dans ta main qui fait du forcing.
Nuque rase et crête blonde, tu penches la tête d’un air enjôleur. Ton petit côté Léonardo m’incline à te pardonner ton manque d’assiduité : avec moi, c’est toujours touché, coulé. Tes sourires mi-tendres, mi-traîtres, m’entraînent vers des abîmes d’indulgence où se noient mes résolutions les plus strictes.
Elle est là aussi. A s’énerver gentiment contre ta paresse congénitale, comme elle dit. Je souris. Nous la voyons moins souvent depuis que l’Autre nous l’a enlevée pour la mignoter dans un nid-foutoir décoré indo-gothique, à trois rues de chez nous. Tu as d’abord sympathisé avec l’Autre, histoire de la garder un peu encore à ta disposition. Puis tu t’en es fait un pote. Moi, l’Autre, je l’aime bien parce qu’elle l’aime tout court et qu’elle semble heureuse. Mon intransigeante, ma stressée, ma bosseuse : si forte, lumineuse, inflexible… Usante !
Le jardin bruisse des feuilles qui se recroquevillent sous la tiédeur du soir. C’est l’heure propice au vol rase-mottes des chauves-souris. Le chant des verdiers s’est tu.
Vous êtes le jour et la nuit. Toi : mince, grand, créatif, bardé d’amis à ta ressemblance, adepte de la pensée magique, persuadé que les pires choses se bonifieront toujours le lendemain. Tu n’as pas été rattrapé par les études, tu courais trop vite dans ta tête pour qu’elles puissent t’atteindre. Elle : ronde, fonceuse, anxieuse, pragmatique au point que c’en est décourageant pour moi qui ne brille pas par mon sens de l’organisation, novatrice plus qu’inventive, titulaire d’un tas de diplômes à ne pas savoir comment les monnayer puisque sur le marché du travail, trop c’est trop…
Jamais je ne t’ai vu en colère. Moult fois je l’ai vu sortir de ses gonds. Entre vous, la rivalité a pris fin dès sa préadolescence. Le lien qui vous unit est mystérieux. J’en suis émerveillée et juste, parfois, un tout petit peu jalouse.
Sur la table en plastique blanc, notre simili caniche expose ses frisettes et sa truffe, dessinées à traits sûrs au centre d’un feuille Canson granitée beige. Seuls les yeux malins sont absents : deux espaces vides qui attendent le bon vouloir du portraitiste. Mais les doigts de celui-ci ont faibli… Maudit poil !
Elle ne cède pas, veut l’œuvre promise, dit qu’elle a déjà acheté le cadre. Tu ris, tu crois que tu vas l’embobiner aussi : décidément, tu ne tires leçon de rien, depuis le temps.... Moi, je m’apprête à lancer un « à table » susceptible de calmer le jeu. Ma reddition est consommée avant même d’être exprimée.
Mais elle n’est pas moi. Te voilà avec le crayon repiqué entre pouce, index et majeur, sans échappatoire possible. Tu ris encore, jaune peut-être, et tu t’exécutes.
Elle approche sa tête de la tienne, approuve à mi-voix, te susurre des encouragements « tu es méga doué, faut que tu t’arraches mon vieux ».
Alors je ne résiste pas. Je vais à vous, enroule mes bras autour de vos épaules unies par le peaufinage du « chef d’œuvre » et enfouis tour à tour mon nez gourmand dans vos deux chevelures blondes.
Le ciel se marbre en bleu rosé.
Vous avez la même odeur.
Mon frère
Je me suis toujours demandé d’où ça venait, ces rides, depuis si longtemps, bien avant l’âge. Quand il vous parle, ses sourcils s’élèvent très haut et entraînent dans leur mouvement toute la peau du front vers la racine des cheveux, d’où les rides horizontales, profondément marquées. Pourtant, il ne paraît pas vieux. Il vous parle et ouvre grand ses yeux, qu’il a très bleus, puis il plisse le front avec application, dirait-on. Ça lui donne un air étonné et un air étonnant. A vingt ans, le haut de sa figure était celui d’un homme de soixante !
La plupart du temps, pourtant, quand il parle, il reste immobile. Généralement avachi sur un canapé, la main dans la ceinture de son jean, il n’octroie de mobilité qu’à la partie supérieure de son visage. Parfois, il affirme quelque chose haut et fort, tout d’un coup. On pense qu’il est sûr de lui. Mais soudain, il se tourne vers vous et son regard se fait anxieux tandis que son visage se tend à la recherche d’une approbation. Il vous faudra alors capter ses yeux et lui transmettre que vous avez reçu le message cinq sur cinq pour qu’il se retire, se repose.
Il est très bavard, immensément bavard. Il ressasse et redit. Il semble ne jamais tenir compte de vos interventions. C’est très agaçant de discuter avec lui. Il garde son cap, ne change pas d’un poil sa destination. Il s’agrippe à ce qu’il dit, ce qu’il veut dire. Et tout ce que vous, vous avez à lui objecter ou simplement lui faire passer, semble glisser sur lui. La communication avec lui vous laisse frustrée, dégoûtée. Au bout d’un moment, vous avez déconnecté, vous savez déjà que vous avez saisi l’essentiel. Mais lui n’a rien entendu, rien perçu de ce que vous avez tenté d’exprimer. En tout cas, c’est ce qu’il vous semble à ce moment-là. Deux semaines, un mois plus tard, il vous appellera. « Tu te souviens de ce que tu m’avais dit, j’ai pensé que… » Vous tombez de haut, à chaque fois, heureusement surprise, mais vraiment décontenancée.
Il ne tient pas compte de votre étonnement. Pour lui, il n’y a pas de problème. Il a entendu, il a écouté. Qu’importe qu’il ne réagisse que lorsque pour vous, le délai est passé, le sujet dépassé. Qui a dit qu’il fallait ce temps-là pour répondre ? Il n’y avait pas d’immédiateté, pas d’urgence. La preuve, c’est maintenant qu’il réagit et finalement, ça vous convient. Il vous rejoint dans ce que vous avez exprimé, non ?
Une autre notion du temps, un autre rapport à la communication. Comme ces rides là, sur son front, avant l’heure, avant l’âge…
Vivre.
Au cours de sa deuxième année parmi les hommes, après avoir longtemps observé et écouté de toutes ses oreilles, devant les yeux réjouis de son père et de sa mère, après l’avoir longuement gardé en bouche et savouré à sa juste valeur, il prononça son premier mot : « maman ».
Comme tous les autres.
Quelques mois plus tard, hardi et sûr de lui, il s’élança pour découvrir le vaste monde : entre ses parents ébahis, il fit ses trois premier pas : juste assez pour se rendre compte que, quoiqu’en disent les grands, la position quatre pattes était certes moins digne mais bien plus sûre.
Comme tous les autres.
À peine fut-il habitué à sa nouvelle situation de bipède qu’il voulut connaître de nouvelles sensations. Faisant entièrement confiance à ses capacités, dédaignant l’aide du père et arborant fièrement son casque rouge vif, il connu le même jour ses premiers tours de roues et sa première chute de vélo.
Comme tous les autres.
Lors de sa première année au lycée, il fit de nouveau ses premiers pas sur une terre inconnue : elle était tout, il n’était rien et quelques jours, quelques semaines suffirent à lui apprendre les joies et les peines de ce sentiment tellement convoité et si souvent maudit: l’Amour.
Comme tous les autres.
Après les trois années de lycée qui lui parurent trois jours, le baccalauréat en poche, frimeur et indépendant, toujours aussi sûr de lui, il prit ses cliques et ses claques et quitta sans regret la maison parentale pour aller vivre sa nouvelle vie d’étudiant insouciant.
Comme tous les autres.
Avec l’aisance d’un coq qui entre pour la première fois dans un poulailler, il fit sa première expérience en entreprise. Il était jeune, intelligent et dynamique : il allait révolutionner ce repaire de paresseux du mauvais côté.
Comme tous les autres.
Cinq ans passés avec elle, la seule à le comprendre, à pouvoir le soutenir, la seule qu’il aime. Devant un adjoint du maire rodé et un prêtre qui espérait encore, il s’est engagé pour un « toujours et à jamais » qui devait durer un peu plus de six ans. Amertume.
Comme tous les autres.
Quelque dix-huit ans plus tard, il vit mélancoliquement partir petit à petit ce fils qu’il n’avait pas assez vu et qui déjà volait de ses propres ailes. Il repensa à son propre départ et à ses pauvres parents qui reposaient maintenant six pieds sous terre.
Comme tous les autres.
À soixante-cinq ans, il fit ses adieux au repaire de paresseux qu’il n’avait pas quitté, et encore moins révolutionné, malgré tous les discours enragés des dimanches de visite à sa famille. Retraite.
Comme tous les autres.
Enfin, lassé de vivre, il prit patiemment son ticket pour l’ « ailleurs » et disparut un soir, dans son petit appartement miteux, les yeux au plafond, sa main dans la main de son petit-fils, qu’on avait arraché à son jeu vidéo pour le traîner au chevet de son aïeul. Mort.
Comme tous les autres.
Et pourtant, comme eux, il était unique.
Portrait d'un inconnu si proche.
Une photo endormie au creux d'un vieil album délavé. La couleur s'est ternie, l'ovale du visage, les mèches châtain clair et les yeux dont la teinte hésite toujours entre le gris et le vert sont restés…Comme sont restés ces dimanches de juin où il grimpait silencieusement les marches pourtant plaintives de l'escalier menant à ma chambrette pour ne pas réveiller ma mère. Un grignotis de souris sur la cloison de planches et s'effaçaient les rêves de la nuit pour laisser place au murmure de l'eau dans l'aube claire de l'été, au friselis des trembles de la rive, aux éclats argentés des goujons frétillants… D'autres matins où le givre sur les carreaux avait remplacé l'haleine tiède de la brise des vacances. Le grignotis était le même. Le lycée m'appelait mais que représentait-il face au tableau idyllique des vacances dernières qui continuait à cheminer sous mes paupières closes? Je me levais pourtant car il le fallait bien. Le feu ronflait, le café au lait fumait dans le bol où bientôt je rechercherais avec délectation les yeux mouvants que ma tartine beurrée dessinerait à la surface du liquide. A côté du bol, un billet de dix francs, soigneusement plié en quatre m'attendait, comme tous les lundis. Mon vénéré père qui gagnait durement sa vie et la notre par la même occasion, qui n'avait vraisemblablement jamais eu trois cents francs d'avance devant lui et qui affectait par ailleurs, sinon de mépriser l'argent, du moins de le traiter avec la modestie de quelqu'un qui connaît le prix du pain quotidien, venait de l'extraire pour moi du fond d'un porte-monnaie râpé. Par la suite, je m'en suis voulu de ne pas avoir, à cette époque, apprécié à sa juste valeur ce cadeau hebdomadaire…Les années passèrent. Le cours impitoyable de la vie m'éloignait de mes racines profondes, tissant un impalpable rideau de fumée, si dense que je mettrais des années à en découvrir l'envers. Lui continuait son bonhomme de chemin: son rude boulot d'ouvrier d'entretien; sa vigne chérie qu'il bichonnait avec un soin jaloux; la cave fraîche et obscure où, reprenant des gestes ancestraux, il donnait vie au vin de sa vigne, "son" vin qui pour ne pas être digne des plus grands nectars, brille encore au fond de ma mémoire comme un soleil rouge, gorgé des sucs de la terre; ses balades campagnardes au cours desquelles, outre quelques passereaux patiemment attendus au revers d'une haie chargée de prunelles ou d'alises, il trouvait toujours quelque chose à glaner: du pissenlit, du cresson sauvage, des cèpes à tête noire, des noix tombées, une poignée de châtaignes en robe marron glacée, un bouquet de fleurs des champs pour ma mère qu'il extrayait soigneusement de la vaste poche arrière de sa veste de chasse et qu'il posait sur la table de la cuisine, un peu comme s'il était arrivé là par hasard…Un jour, je l'ai quitté pour de bon ou plutôt c'est lui qui m'a fait une infidélité. La première et la dernière… En même temps que la dalle pesante du tombeau, s'est posée une chape de silence et de chagrin douloureusement assoupi qui devait durer vingt années. Le temps qu'il me revienne comme au retour d'un très long voyage. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés. Il dort, soigneusement blotti en moi pour le reste de ce qu'il me reste à vivre. L'an prochain, il aura cent ans.
Une vie en bref
Charlie fait ses premiers pas, l’univers se réduit à quelques pièces sombres aux volets toujours clos. Pourtant il y a quelque chose au-delà de la porte. Lorsque tante Augusta ou Rose, la domestique, entrent ou sortent, il entrevoit un monde de clarté et de couleurs.
Un jour, tante Augusta l’a fouetté ; ce n’est pas la première fois mais là, il ne pleure pas. Il est sur un bateau aux mains des pirates. Il découvre le pouvoir sans limites de l’imagination.
Il a sept ans. Au fond d’un coffre, il trouve Rashka, qui dort depuis des temps immémoriaux, depuis si longtemps qu’il n’a plus d’yeux, plus de bras et une seule jambe mais il est très puissant et il déteste tante Augusta. Charlie le vénère mais il ne lui demande rien. Il a le droit de lui demander une chose seulement, alors il attend le bon moment.
Charlie a neuf ans. Tante Augusta a découvert Rashka. Elle dit : « Tu va jeter cette cochonnerie, c’est sale. » Charlie adresse une prière silencieuse à Rashka, il sait qu’elle sera exaucée.
Tante Augusta est morte. Les volets s’ouvrent. La lumière et la couleur envahissent la maison mais il est trop tard, elle sera toujours aussi froide et sombre qu’une tombe.
Son père est revenu. Ah bon, il avait un père ? Il ne le savait même pas. Tante Augusta ne lui en avait jamais parlé ou alors comme de quelqu’un de très lointain, un dieu, qu’il ne verrait jamais. Son père est chaleureux, Charlie apprend ce que c’est de compter pour quelqu’un. Tous deux, ils visitent l’Europe.
La Suisse, l’Allemagne, l’Italie. La liberté et l’air des cimes l’enivrent Il voudrait tout absorber, les panoramas, les villes, les tempêtes, les orages, les gens. Il emmagasine beaucoup, il restitue très peu. Il a tellement connu le silence qu’il en a fait provision pour sa vie entière. Mais il observe, il observe et il engrange.
Correspondant de presse dans les Balkans et en Russie. Il assiste aux premiers soubresauts de la révolution. Il apprend que le monde est cruel même au-delà du domaine de tante Augusta.
Expédiant à son journal des dépêches facturées au mot, il apprend à en utiliser peu, à les choisir. C’est son école d’écriture.
Trente ans, il commence enfin à restituer, il écrit des nouvelles. Imagination, observation, style, un mélange détonnant, une armure contre le malheur.
Il a quarante six ans et sa vie touche à sa fin, il le sait, c’est ce qu’il cherche.
Nord de la France 1916. Son univers se réduit à un trou boueux, aussi sombre et sinistre que la maison de son enfance. La balle qui va le tuer est partie depuis très longtemps. Une dernière parole, peut-être une pensée pour Rashka et le rideau tombe.
Si jeunesse savait…
Décidément les jeunes le respectaient de moins en moins : cet après-midi même, un petit imbécile d’à peine douze ans s’était moqué de lui en le désignant du doigt à ses copains, et tous avaient éclaté de rire.
Bien sûr, sa tenue pouvait paraître un peu voyante en comparaison de celle des habitants de la métropole qui, se calquant sans doute sur le décor urbain, s’habillaient presque uniformément de noir, gris et autres teintes d’une tristesse mortelle. Chez lui, dans sa campagne natale, les gens exhibaient de vraies couleurs – rouge, vert, bleu… Et ils se parlaient, se disputaient parfois, mais ils communiquaient au moins, contrairement à ces citadins qui marchaient à toute allure en fixant le trottoir de peur de croiser un regard étranger !
Allons… voilà qu’il versait à nouveau dans la nostalgie larmoyante. Pourtant il en avait rêvé de la grande ville, du fond de sa cambrousse, ainsi que de la profession qu’il exerçait actuellement : journaliste, le plus beau métier du monde dans son imaginaire d’adolescent studieux et idéaliste ! S’il avait su… Souvent assigné aux tâches les plus ingrates, peu estimé par ses collègues, il constituait un souffre-douleur de choix pour le rédacteur en chef qui le traitait comme un chien. Pour tout arranger, il était tombé amoureux d’une de ses consoeurs, unanimement respectée, elle... Et sans qu’elle le traitât avec le moindre mépris, il semblait évident qu’elle ne voyait en lui qu’un confrère gentil, parfois touchant, mais sans plus d’attraits. De toute façon, elle n’avait d’yeux que pour l’Autre, son héros…
Heureusement il lui restait son activité « parallèle », qu’il exerçait en principe de nuit, mais parfois aussi dans la journée quand il réussissait à échapper à la surveillance de son patron. Jusqu’à maintenant elle ne lui avait apporté que des satisfactions : c’était le seul contexte dans lequel il se sentait vraiment utile, et se savait respecté, admiré…
Pourtant même dans ce cadre, en dépit du bien qu’il dispensait autour de lui et malgré un taux de réussite avoisinant les 100%, il savait qu’une partie de la population le considérait déjà comme une sorte d’icône un peu has been, voire comme un ringard complet pour les plus jeunes d’entre eux. Les paroles du petit morveux de cet après-midi étaient révélatrices de cette évolution :
- Eh, M’sieur ! avait-il crié : le caleçon ça se porte sous le pantalon, d’habitude !
Ses copains avaient explosé de rire.
- C’est même pas un caleçon, avait précisé un des gosses : c’est un slip… rouge !
- Et d’ailleurs c’est même pas un pantalon : c’est un collant !
A ces mots, l’hilarité générale avait frôlé l’hystérie.
- Arrête, il va te torpiller avec sa thermovision !
- M’en fous, j’ai de la kryptonite dans mon sac !
Sur cette dernière provocation, les enfants avaient quand même jugé plus prudent de détaler dans un grand éclat de rire.
A ce souvenir, il hocha tristement la tête : il était loin le temps où les enfants s’exclamaient sur son passage, les yeux écarquillés d’admiration : « C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Superman ! ».
Apparemment, la nouvelle génération le considérait déjà comme un vieux coucou…
Et te voilà, sous une cavalcade de mots
Te décrire ?
Pour sûr je peux le faire, mais reste près de moi, je veux garder ma muse à portée de plume, enfin quel est le masculin de muse ?
Je peux commencer par donner tes goûts, culinaires, car oui sans eux, tu ne vis pas.
Tu aimes ce qui est bon, bien évidement, tu as un faible pour tout ce que je n’aime pas…
Certain ont comme devise, « manger pour vivre », toi ce serait plutôt « vivre pour manger ».
Tu es quelqu’un qui apprécie la qualité des choses.
Est-ce que tu es quelqu’un d’expansif et de coloré ? on ne peut pas dire ça, tu serais plutôt dans la retenue, non pas que tu sois terne car à l’intérieur tu brilles et tes sentiments sont de l’or au trois couleurs, du jaune pour l’éclat, du blanc pour la candeur, du rose pour l’amour.
Tu commences à apparaître sous mes lignes.
Fin gourmet que tu es, et ce pour toutes choses, tu as de l’intérêt pour chaque mystère de notre existence. Tu es tantôt quelqu’un qui se veut intellectuel à te plonger dans la politique, l’économie mais aussi la musique classique, tantôt un horticulteur passionné qui méticuleusement fera d’une jeune pousse un belle plante, qu’un éminent romantique qui comme le prône les revues pour nous autres femmes n’a pas peur de montrer sa part de féminité.
A quoi ressembles-tu ? laisse moi réfléchir, à un prince, un soleil ? non c’est trop facile.
Je dirais plutôt que tu es un hybride entre Maxence des Demoiselles de Rochefort et Musset dans la Confession d’un enfant du siècle.
En somme, quelqu’un de passionnément torturé par la vie.
Quel âge as-tu ? l’âge de tous les plaisirs peut être…non tu es encore jeune pour cela, tu as l’âge du novice qui regarde la lune en espérant devenir sage un jour.
Si tu le pouvais, tu forcerais l’apprentissage de la vie, prends patience, il n’y a que le temps qui forgera ta personnalité et ta force.
Te voilà donc, sous mes doigts, comment te trouves-tu ? pour ma part je pense le portrait assez vrai, l’artiste s’autosatisfait. _________________ Avant le jour de sa mort, personne ne sait exactement son courage... Jean Anouilh |
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